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Le décrochage
scolaire est bien plus qu’une affaire d’école
ou d’étudiant. C’est un problème
sociétal qui nous concerne tous. Il nous inquiète.
Il nous amène à nous questionner. Que pouvons-nous
faire pour prévenir le décrochage scolaire
? DES DÉFINITIONS
Décrochage scolaire, abandon
scolaire, drop out… Sont-ils tous synonymes ?
Voici quelques définitions, question de s’y
retrouver.
| Termes
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Définitions
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| Abandon scolaire |
- Cinq ans se sont écoulés depuis
le décrochage scolaire.
- A donc une connotation définitive, permanente.
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| Décrocher |
- Interrompre une activité, s’en
détacher, la suspendre. |
| Décrocheur |
- Élève n’ayant pas obtenu
de diplôme d’études secondaires
(DES) au secteur des jeunes ;
- Élève n’ayant pas obtenu de
diplôme avant l’âge de 20 ans
au secteur des adultes ;
- Jeune ne fréquentant pas l’école
et qui n’a pas obtenu de diplôme au
secondaire ;
- Élève qui, inscrit au secteur des
jeunes au début d’une année
scolaire, ne l’est plus l’année
suivante et n’est pas titulaire d’un
DES et n’a pas quitté le Québec.
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| Décrochage scolaire |
- Ne pas avoir réussi ses études
secondaires et avoir obtenu son diplôme d’études
secondaires.
- Constitue un obstacle à l’insertion
professionnelle.
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| Décrochage social |
- Peut entraîner l’exclusion se manifestant
de différentes façons : itinérance,
toxicomanie, prostitution, problèmes psychosociaux,
délinquance, criminalité. |
| Échec |
- Insuccès, manque de réussite. |
| Lieu de raccrochage |
- Un lieu physique où l’on offre
un programme de formation générale
du secondaire à l’intention des élèves
de 16 à 19 ans qui ont quitté le secteur
des jeunes avant l’obtention de leur DES. |
LES FACTEURS DE DÉCROCHAGE
Lorsque nous parlons de décrochage
scolaire, nous y associons souvent l’échec
scolaire. Les causes du décrochage scolaire ou
de l’abandon scolaire sont variées. Il
n’y a pas de cause unique. Certaines sont liées
au jeune ou à la famille, d’autres à
l’école ou encore à l’environnement
(milieux de vie). Nous remarquons donc qu’il y
a deux types de facteurs : les facteurs internes et
les facteurs externes. Les facteurs internes sont ceux
relatifs aux jeunes tandis que les facteurs externes
sont ceux relatifs aux milieux familial, social et scolaire.
Ces deux types de facteurs interagissent et peuvent
amener le jeune à décrocher.
Les facteurs reliés
aux jeunes
Les causes reliées à l’élève
peuvent prendre différentes formes : isolement,
repli sur soi, oisiveté, comportements antisociaux,
délinquance, violence verbale et physique, toxicomanie etc.
sont des symptômes observables d’inadaptation
sociale. Parmi les facteurs internes reliés au
jeune on trouve :
- Les difficultés d’apprentissage :
- La dyslexie (trouble d’apprentissage de
la lecture) ;
- La dysorthographie (trouble d’apprentissage
de l’orthographe) ;
- La dyscalculie (trouble d’apprentissage
des éléments de calculs) ;
- La dysgraphie (trouble de l’écriture)
;
- La déficience intellectuelle ;
- Les déficiences physiques ;
- Le refus scolaire (attitude de rêveur, lunatique,
école buissonnière) ;
- L’inhibition scolaire (absence du désir
d’apprendre) ;
- Le désintérêt scolaire (beaucoup
de jeunes ne voient pas la nécessité
de ce qui leur est enseigné et sentent qu’ils
n’ont pas de place à l’intérieur
des structures scolaires) ;
- Un handicap socioculturel tel que :
- La famille défavorisée ;
- Des pratiques culturelles familiales ;
- Des conditions économiques (coût
des études vs temps vs travail) ;
- Des situations psychoaffectives particulières.
Pour certains jeunes, quitter le milieu
scolaire est une libération. Certains se sentent
enfin autonomes et croient faire partie du « monde
des adultes ». Pour d’autres, l’abandon
des études est vécu comme un échec
personnel. Ces jeunes ne croient plus avoir le potentiel
nécessaire pour rencontrer les exigences sociales.
Enfin, certains jeunes vivent leur décrochage
sous un mode ambivalent, c’est-à-dire qu’ils
se sentent libérés tout en se percevant
comme des incapables.
Les facteurs reliés
à la famille
En ce qui a trait à l’influence de la famille,
trois groupes familiaux à risque ont été
identifiés dans le cadre d’une analyse.
Le groupe à risque élevé est formé
des jeunes faisant partie d’une ou de plusieurs
des catégories suivantes : enfants à charge
; jamais mariés ; handicapés ; ne vivant
pas avec leurs parents ; membres de familles monoparentales
dont le parent n’a pas de DES ; membres de familles
biparentales dont le père ne travaille pas et
la mère ne travaille pas ou occupe un emploi
de col bleu ou de col rose ; membre de familles biparentales
dont les deux parents occupent un emploi de col bleu
; membres de familles biparentales dans lesquelles le
niveau de scolarité du père n’est
pas connu.
Le groupe présentant un risque
moyen est formé de jeunes provenant de familles
biparentales dont les deux parents ont au moins un DES
et de jeunes provenant de familles biparentales dont
le père occupe un poste de gestion, une profession
libérale ou un poste technique.
Enfin, le groupe à risque faible
est formé de familles dirigées par un
seul parent ayant un niveau de scolarité élevé
ou deux parents dont au moins un n’a pas de DES.
Les facteurs reliés à
l’école
Les causes associées à l’école
font quant à elle référence :
- À des variables liées à l’institution
scolaire (les structures scolaires de même que
l’inadéquation entre les attentes des
jeunes et le contenu des cours) ;
- Au redoublement ;
- À la phobie scolaire ;
- Aux enfants précoces.
Les facteurs
reliés à l’environnement social
À l’adolescence, le réseau d’amis
est important et influence la décision d’abandonner
les études. Les jeunes qui décrochent
ont moins d’amis qui accordent de l’importance
à l’école que ceux qui persévèrent.
Parmi les facteurs externes, d’autres
causes sont aussi observables : l’effet de la
mode et de la publicité sur les valeurs de consommation
des jeunes et l’attrait de la recherche de revenus.
Âge
(ordre d’enseignement) |
Exemple
de facteurs personnels
associés à l’abandon scolaire |
| Petite enfance |
Retards ou problèmes de développement
: langage, habiletés sociales, psychomotricité,
etc. |
| Élèves du primaire |
Retards ou troubles d’apprentissage, faibles
habiletés sociales, etc. |
| Élèves du secondaire |
Perception négative de sa capacité
d’apprendre (habiletés cognitives),
faibles aspirations scolaires et professionnelles,
etc. |
| Étudiants du cégep |
Indécision vocationnelle et changement
de programme, conditions socioéconomiques
difficiles, etc. |
| Étudiants à l’université |
Faible engagement dans les études, difficultés
à concilier études et travail rémunéré,
etc. |
Une autre typologie de détermination
des facteurs engendrant
le décrochage scolaire
D’autres chercheurs, Audas et Willms, définissent
trois groupes de facteurs interdépendants, soit
le rendement scolaire, le comportement et l’engagement.
Pour certains de ces facteurs, comme par exemple le
statut socioéconomique de la famille (revenu,
niveau de scolarité et emploi des parents), il
n’est pas possible d’agir. Au niveau suivant
se trouvent la famille, l’école, le quartier
et la collectivité, des variables sur lesquelles
il est possible d’intervenir au moyen de mesures
stratégiques.
LES TYPES DE DÉCROCHEURS
Dans la littérature portant sur le décrochage,
il existe plusieurs typologies de décrocheurs.
Celle de Janosz (1994) identifie quatre types de décrocheurs,
soit les décrocheurs potentiels, les décrocheurs
réels, les décrocheurs inadaptés,
les décrocheurs discrets, les décrocheurs
désengagés et les décrocheurs sous-performants.
Ces quatre types de décrocheurs se définissent
comme suit :
Les décrocheurs inadaptés
Ils représentent environ 40 % de la population
de décrocheurs. Leur profil scolaire et psychosocial
est très négatif et les échecs
scolaires et les problèmes de comportement se
multiplient. On remarque un faible soutien familial.
Les décrocheurs inadaptés présentent
des comportements d’indifférence, de négativisme,
d’absentéisme, de consommation d’alcool
et de drogue.
Les décrocheurs discrets
ou silencieux
Ils représentent 40 % de la population de décrocheurs.
Leur profil ressemble davantage à celui de ceux
qui obtiendront leur diplôme qu'à celui
des décrocheurs. Ils aiment l’école
tout en se sentant engagés dans leur scolarisation
et ils ne présentent aucun problème de
comportement. Ils ont un rendement
scolaire un peu faible et ont souvent des difficultés
d’apprentissage depuis le primaire.
Les décrocheurs désengagés
Ce type de décrocheurs représente environ
10 % de la population des décrocheurs. Les résultats
scolaires des décrocheurs désengagés
se situent dans la moyenne. Les décrocheurs de
ce type n’affichent aucun problème de comportement
et se disent très désengagés de
leur scolarité de leur scolarisation. Ils n'aiment
tout simplement pas l'école.
Les décrocheurs sous-performants
Ce type de décrocheurs est similaire à
celui des décrocheurs discrets à la différence
que ce type de décrocheurs est plus effacé.
Ils représentent 10 % de la population de décrocheurs.
Ils sont au prise avec des problèmes d’apprentissage.
Ils se disent très désengagés de
leur scolarisation et n’ont pas de problèmes
de comportement. Ils fréquentent l’école
pour faire du temps.
Il
importe de savoir pourquoi un jeune est en voie
de décrocher afin que les intervenants des programmes
déterminent le type d’interventions requises
pour établir
un lien de confiance avec le jeune et l’aider
à progresser
vers son intégration sociale et scolaire.
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